Depuis mi-décembre, les artisans du bâtiment expriment leur mécontentement partout en France. À l’appel de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), de nombreuses actions ont été menées devant les préfectures et sous-préfectures afin d’interpeller les pouvoirs publics.
Cette mobilisation traduit un malaise profond au sein des petites entreprises du secteur, confrontées à des difficultés économiques croissantes et à des mesures jugées inadaptées à la réalité du terrain.
Un mouvement national porté par la Capeb
Baptisé « Y en a marre », le mouvement lancé par la Capeb a rassemblé des artisans dans l’ensemble des départements le 17 décembre. À travers ces rassemblements symboliques, les professionnels du bâtiment ont souhaité faire entendre leur ras-le-bol face à un environnement économique de plus en plus contraignant.
Les artisans dénoncent notamment une accumulation de normes, de charges et d’incertitudes qui fragilisent leur activité et compliquent la gestion quotidienne de leurs entreprises.
Les principales revendications des artisans du bâtiment
Parmi les points de tension soulevés lors de cette mobilisation, plusieurs mesures font l’objet de critiques récurrentes :
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La gestion des déchets de chantier (REP PMCB), jugée coûteuse et peu adaptée aux réalités opérationnelles des petites entreprises
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Les aides à la rénovation énergétique, notamment MaPrimeRénov’, perçues comme instables et complexes, rendant difficile la planification des chantiers
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L’abaissement du seuil de franchise en base de TVA, considéré comme un alourdissement supplémentaire des charges pour les micro-entreprises et TPE du bâtiment
Ces éléments créent un climat d’incertitude qui pèse directement sur l’activité, la trésorerie et l’emploi dans le secteur.
Un contexte économique déjà fragilisé
Cette mobilisation intervient dans un contexte économique tendu pour le bâtiment. Selon des données régionales, l’activité aurait reculé de 3,5 % au troisième trimestre en Auvergne-Rhône-Alpes, illustrant les difficultés rencontrées par les entreprises artisanales.
La discussion autour du budget 2025 accentue les inquiétudes, notamment face au risque de nouvelles contraintes financières ou administratives pour un secteur déjà sous pression.
Quelles perspectives pour les artisans en 2025 et 2026 ?
La Capeb prévoit des rencontres avec les pouvoirs publics début janvier, dans l’espoir que les futurs arbitrages budgétaires tiennent davantage compte des spécificités du tissu artisanal.
À défaut de réponses concrètes, le syndicat n’exclut pas un durcissement de la mobilisation, avec des actions plus fortes envisagées dès le début de l’année 2026.
Pour les artisans du bâtiment, les priorités restent claires :
- Une simplification des dispositifs existants
- Une stabilité des aides à la rénovation énergétique
- Un allègement des contraintes administratives
Des conditions indispensables pour préserver l’emploi, la trésorerie et la capacité d’investissement des entreprises.
